Compte à rebours

Publié le par Galien -

[blog 43]


Hier, j'étais en salle de musculation avec Simon. Un moment, je me suis figé, et j'ai pensé : "Je n'ai jamais été aussi vieux que maintenant". C'est-à-dire, à la seconde même où je pensais à ça. Brrr...

Ce n'est pas la première fois que cette pensée frappe mon esprit. Je crois que ça ressurgit à chaque fois que ça ne tourne pas vraiment rond en moi.
Et je le sens. Je le sens revenir. Le vieil écho maléfique, celui qui m'oblige à voir la vacuité de mon existence...

Pourtant, Dieu sait que je lutte contre le retour de l'état dépressif et du repli sur soi. Mais malheureusement, je ne peux oblitérer tout ce qui me fait de la peine, ou me renforce dans la solitude. Le téléphone qui ne sonne pratiquement jamais. La boite à mail vide. Les anniversaires qu'on ne fête pas. Emmanuelle, évidemment, qui n'a pas rappelé (le contraire eut été étonnant) malgré l'incongruité de notre rencontre. Et l'été, saison des extrêmes, l'été qui passe sans que rien ne se passe.
Will, mon pote de Rennes, vit un peu la même situation que moi : coeur au chômage. Il me disait encore aujourd'hui à quel point il était horrible de voir le spectacle de tous ces couples qui se promènent en ville.
Même mal, mêmes symptômes : on n'a jamais les yeux aussi ouverts que lorsque le coeur est enfermé...

Variante de la pensée pessimiste : Chaque seconde qui passe, est une seconde en moins dans mon existence. A cet instant, je ne peux m'empêcher de penser à mes anciens amis qui pressent à fond le jus de la vie, alors que moi je ne peux que lécher la vitrine qui me sépare du fruit.
C'est ainsi.
Les semaines, les mois, les années défilent et j'ignore pourquoi je suis encore debout.
Parfois, j'aimerais être un pur ignorant, imbécile et futile, et me mêler à la foule des autres idiots aveugles et satisfaits. Ce serait tellement plus confortable d'être un pur insouciant, sans véritable échelle de valeur, si ce n'est celle du fun.
Mais je ne suis pas de ce bois-là. L'autre fois, à mon stage de chirurgie ambulatoire, je discutais un peu métaphysique, religion et philosophie avec un juif orthodoxe, un "barbu". Il m'a dit un moment qu'il aimait discuter avec moi, parce que j'étais à la recherche de la vérité. C'est bien ça le drame, je crois...

La vérité brute, actuellement, c'est que je n'ai jamais été vieux qu'à l'instant où j'écris cette phrase, et vous, vous n'avez jamais été aussi vieux qu'au moment où vous la lisez...

La vie est courte, mais mes journées sont longues dixit... ?

Publié dans A fleur de peau

Commenter cet article