Le chemin parcouru

Publié le par Galien -

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Montréal, été 2003.
Je décide d'avorter mon exil québecois, pour passer les concours infirmiers en France. Marre des incertitudes, et de la houle professionnelle. J'ai déjà 30 ans, et ma vie est un champs de ruines.

Fin de l'été.
Retour à Rennes, chez ma soeur et ma petite nièce, la queue entre les jambes : Toujours SDF, chômage qui persiste, ASS, et ma soeur, ma soeur désargentée, mais ma soeur le coeur sur le main qui m'offre des bouquins pour réviser les concours, des bouquins que je n'ai pas les moyens d'acheter.
Merci Brigitte.

Automne.
Départ trois mois en Israël chez mes parents, ma famille, et ma petite Zoé. Repos, perfusion familiale et ma dépression recule. J'aime être avec eux. Mais je dois honorer la confiance et l'investissement de ma soeur. Tous les jours, je bosse, je bosse pour ces putains de concours. La culture générale surtout. Trois mois vite passés. Départ à regret en France. Mais tout reste encore à reconstruire.

Mars 2004.
Arrivée à Chambéry, chez Kiki et Valérie, un couple d'amis.
Ils m'accueillent 10 jours, le temps que je trouve un autre toit. Ce sera une chambre à Barby, à côté de Chambéry. Une chambre sous-louée dans la grande villa de Madame Castano, ma propriétaire sexagénaire, bourgeoise au coeur d'or.

Puis les concours. Beaucoup de monde. Par moments, je me dis que c'est foutu d'avance avec tant de candidats. Hauteville, Saint-Egreve, Annecy, Gap, et Chambéry. Après, l'attente. Entre solitude, salle de musculation, et lecture...
Finalement, je suis pris dans mes deux villes favorites : Gap et Chambéry. Et au vu des notes, c'est bien la culture générale qui m'a permis de ne pas être dans le ventre mou du classement. 39eme en liste complémentaire de Chambéry, mais 2eme sur la liste principale de Gap ! Ca fait du bien à mon petit égo dépenaillé.

Finalement, ce sera Chambéry. Mais reste encore à se battre pour trouver un nouveau logement, des meubles...
Contact avec une assistante sociale pour obtenir un FSL (Fonds de solidarité logement) débouchant sur un prêt CAF pour des meubles de première nécessité, et un dépôt de garantie pour un logement.

Quand j'ai enfin le feu vert, je réalise à quel point l'isolement social est sanctionné en France.
Je n'ai aucun garant, aucun soutien financier, du coup toutes les banques me refusent un misérable prêt étudiant pour que je mette le pied à l'étrier. Toutes les agences immobilières, sachant que je bénéficie du FSL, me voient comme un sale pouilleux et réfusent de me louer quelque chose.
Finalement, c'est sur petite annonce que je trouve mon studio, à deux pas de l'école, loué par une autre bourgeoise au coeur d'or, qui privilégie l'humain à l'administratif. Et jusqu'ici, je n'ai pas trahi sa confiance.

Octobre 2004.
L'année commence. Je n'ai toujours aucun meuble entre mes murs. Je dors par terre. Première des nombreuses épreuves de l'année. La tempête ne fait que commencer...

Publié dans A fleur de peau

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