Le cuir s'épaissit

Publié le par Galien -

[blog 40]


Voilà, depuis jeudi, j'ai mon passeport pour la 2eme année à mon école d'infirmier.
Tout mes modules sont validés, et je ne passe même pas par la case "rattrapages".
C'est en soi, un vrai petit miracle.

Mes notes sont loin d'être mirobolantes, mais je suis passé entre les gouttes d'une première année où j'ai failli me noyer à plusieurs reprises.
Obsédé par l'idée de ne pas encore decevoir ma pauvre mère, j'ai mis ma fierté au placard, recherché les mains tendues pour me sortir de l'eau quand je coulais à pic. Celles de mes écoutants : Psys, assistante sociale, formatrice, directrice de l'IFSI...
Toutes ces personnes, ponctuellement, ont accueilli mes doutes et mes douleurs, m'ont lancé des mots de sauvetages qui disaient qu'elles croyaient en moi, et mes richesses intérieures...

Et puis il y a eu la voix de me mère, si loin de moi, la voix de ma mère qui me répétait froidement tiens bon, il faut te battre jusqu'au moment ça ne suffisait plus, jusqu'au moment où je tombais dans l'escalier, et où sa voix s'est chargée de larmes pudiques.
J'ai pleuré avec elle, et à cet instant-là, j'ai senti un frémissement d'espoir, l'envie fragile de m'accrocher malgré tout mon être fatigué, et blessé, qui criait et m'ordonnait d'abandonner, de jeter l'aponge une fois pour toutes.

Comme dans le passé, l'échec aurait du me prendre, l'histoire aurait du se répéter, mais aujourd'hui, je suis venu à bout de cette fatalité.
Bien sur, tout n'est pas fini, je suis encore vulnérable mais le cuir s'est épaissi. Tout le travail accompli a trouvé sa juste récompense, et j'avoue que c'est très gratifiant pour un poissard de mon espèce. Gratifiant, et encourageant pour la suite.

Dieu que le chemin parcouru depuis deux ans me semble vertigineux...

Publié dans Au fil des jours

Commenter cet article