Mutations estivales

Publié le par Galien -

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Ah cette chaleur... on sue, on colle, on est moite, et la tête part souvent sur le côté. Energie évaporée en même temps que la transpiration.

Encore une petite semaine en stage de chirurgie.
J'ai fait ce que j'avais à faire. Paraît même que je montrais "trop d'entrain" selon Karine, ma responsable.
J'ai juste essayé de tuer le temps, de me montrer plus autonome, plus vif, plus sur de moi. Avec un certain succès je dois confesser. Mais je ne ferais pas mon nid dans ce service. Trop routinier pour moi, la chirurgie ambulatoire.
Au moins ai-je appris à piquer les fesses, et depuis vendredi, à poser des cathéters veineux périphériques. La classe !

La semaine dernière, moral cassé après l'offensive musclée des impôts sur mon CCP. Les salopards m'ont retrouvé, et saisi mes maigres économies, me privant de tout oxygène financier.
Petit rappel historique : En 2000, je bossais dans l'internet et j'étais "riche". En 2001, tout explosa dans ma vie et j'ai tout perdu, avec une ardoise de 20 000 francs à régler à l'administration fiscale.
J'en ai payé environ 30% entre 2001 et 2003, puis ma situation devint tellement instable et minable que ce n'était vraiment plus une priorité de régler cette dette. J'ai fait le mort, mais eux ont fini par me retrouver...
Après force négociations, ils m'ont rendu une bonne partie de la somme saisie et on va s'arranger sur un échancier...

Hormis cette grosse frayeur, tout va bien en ce moment.
Du moins en apparence.

D'abord, j'ai définitivement refermé le chapitre Priscilla l'allumeuse.
Cette fille m'a trop mené en bateau, en jouant sur les sentiments que je nourrissais pour elle. Soit elle se montrait absente, indifférente, voire méprisante à mon égard. Soit elle ne cessait de m'appeler sans raison particulière, entretenant ainsi le doute dans ma tête et mon coeur.
Denier acte de l'histoire : le lapin qu'elle m'a posé le même jour où j'ai appris que j'étais ruiné. Elle savait très bien que j'avais horreur de ça.
Au bout d'une demi-heure à faire le poireau sous le soleil, j'ai dégainé mon portable une dernière fois. Les nerfs à fleur de peau, je me sentais insulté, et j'ai laissé un message agressif sur son répondeur, lui intimant de virer mon nom de son répertoire comme moi j'allais le faire illico presto. Et j'ai conclu par un "adieu" sans équivoque.
Ce qu'elle n'a qu'à pas compris, cette pisseuse arrogante, c'est que j'étais orgueilleux avant d'être amoureux, et qu'il était était très facile de me faire disparaître de la vie de quelqu'un : il suffit de me prendre pour un couillon comme elle l'a fait. On ne me manipule pas facilement, et encore moins dans la durée...
Soulagé. Je suis soulagé d'être au moins au clair sur cette histoire.

Ensuite, je m'occupe.
Comme je l'avais dit et promis à ma psy, je m'occupe de moi, de moi, et d'abord de moi.
J'ai (de nouveau) cessé la clope, je vais courir 3 fois par semaine au stade, je vais au lac, à la piscine, je fais un peu de vélo, je viens de m'inscrire au Club Alpin Français de Chambéry pour faire des sorties rando, spéléo, canyoning... J'ai repris la guitare, je me gave de séries téléchargées sur internet, je vais voir des concerts, je vais au ciné...
En surface, le moral est bon, sauf que ces activités, je les fais pratiquement toutes... en solo. Et c'est pathétique. C'est de la "fausse" bonne humeur. Tout le monde s'éclate en groupe, en bande, en tribu, en famille, en couple, et moi je m'agite tout seul pour sauver les apparences d'un été encore à foutre à la poubelle.

Donc, pour l'instant, je contiens encore ma déprime, en sortant de ma taupinière de vieux garçon abstinent sur le tabac, l'alcool, le sexe. Et j'y laisse aussi sûrement un peu de joie de vivre.
Inutile de chercher loin : La chose amoureuse me semble absolument exclue. J'en suis à un fatalisme tel qu'avoir une relation forte et réciproque avec une jeune femme me paraît vraiment relever de "la quatrième dimension" : je ne suis pas bâti pour aimer et être aimé en même temps.
Et le piège est là : soit j'accepte cette vérité toute crue - confirmée par la vie - et je cesse en surface de m'autodétruire, soit je n'accepte pas cette solitad forcée, et je plonge.
Alors voilà : je me suis sincèrement convaincu que je ne plaît plus aux femmes qui me plaisent, qu'il n'y a pas grand'chose à y faire, et qu'il ne me reste plus qu'à cavaler dans la vie, aussi utilement qu'un rongeur dans sa roue en métal.

Mais même si j'ai l'impression que rien ne change vraiment, reste que j'entends des qualificatifs bizarres sur ma personne ces derniers temps.
Mon kiné ne cesse de me dire que je suis "costaud", que je suis un "colosse" alors que dans le passé, on m'a toujours perçu comme un garçon plutôt "maigre".
Une fille du bloc à la clinique, m'a demandé si j'avais des origines italiennes ! (Alors que je suis issu de grands-parents tunisiens et hongrois. Rien à voir).
Enfin, j'ai surtout remarqué que les gens me vouvoient de plus en plus, et qu'ils sont presque génés de me tutoyer. Deviendrai-je donc un vrai "monsieur" malgré mon air éternel d'adolescent mal fini ?

Publié dans Au fil des jours

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