Les mauvaises pulsions

Publié le par Galien -

[Blog 30]

3h51

Malgré la fatigue, impossible de dormir. Ecrire un peu, pour sortir la gerbe.
Encore cette saloperie envie de me supprimer qui pulse dans ma poitrine, de m'ouvrir le ventre, de me vider de mon sang par la carotide, d'avaler la boite de Xanax. Tout ça dans la poitrine, dans la gorge, dans la tête. La boule, la boule mauvaise, qui crache encore ses mauvaises pensées. Du genre qu'il est prodigieusement impossible que je fasse de nouveau une belle rencontre amoureuse, forte et réciproque. Tout le monde me dit "Ne t'inquiètes pas, un jour, ça arrivera...". Oui, comme une feuille d'impôt, c'est ça ?
Conneries de gens déjà maqués. J'ai connu des gens qui ont vieilli seuls, et même qui sont morts seuls. La belle rencontre n'a rien d'obligatoire !
Et moi, sans amour, je sais que j'ai envie de tout valdinguer, de m'autodétruire, de me briser les dents... je sais, je sens que le manque peut me faire péter les plombs à tout moment. Sans prévenir. Juste parce que ma vie me semblera nulle et absurde, et je n'aurais rien à perdre, puisque sans amour, on est quedalle, on mérite à peine ses galons d'être humain...

Je dois être laid, manquer d'hormones mâles, de biceps, d'abdos, la barbe n'est pas assez grasse, le cou pas assez large, j'ai une dent cassée, un pif trop grand, je me ronge les ongles, je n'évoque rien, je ne suis rien, il y a mille raisons pour ne pas plaire...

Je sais pourquoi j'angoisse cette nuit. Parce que demain, il va faire très beau. Et quelque part, c'est encore plus difficile de traîner sa solitude sous un ciel d'été.
On pense aux autres, les veinards. En tenues légères. Main dans la main, allongés sur l'herbe ou dans un hamac, les yeux qui brillent, les coeurs heureux, bercés par un paradis bleu. Et les petits bisous, ou les baisers enflammés. Fantasmes qui font mal. On devient envieux, jaloux des choses les plus banales. J'ai l'impression de m'être repeculé tellement j'ai oublié ces choses-là...
L'autre jour encore, un jeune couple passait sous ma fenêtre en se tenant la main. Mon regard n'a pu se détacher de leurs doigts entrelacés. C'est con, hein ?

Demain, je sais que moi aussi je vais sortir. Je vais me rendre dans un parc, et profiter du soleil. Tout seul comme un connard. Avec mes cours. Et je vais penser aux autres, regarder les autres, les envier jusqu'à plus soif. Bon sang, Priscilla...

Et l'été qui approche. Flippant. Les étés 2001, 2002 et 2004, je les ai déjà passés tout seul.
2005 risque d'être pareil, la fatigue nerveuse des stages en sus...
J'ai peur, j'ai vraiment peur des beaux jours...

Publié dans A fleur de peau

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