Des larmes dans le ventre

Publié le par Galien -

[Blog 25]

[Fragments oniriques de cette nuit]

Ca se passe dans une sorte de petit gratte-ciel. L'immeuble est sûrement le siège de mon école d'infirmières...

Je ne sais plus pourquoi, mais je dois me faire opérer du ventre. Paraît que ce ne sera pas douloureux.

Nous sommes dans une salle d'opération qui n'a rien d'ordinaire. C'est plus un hall, un grand salon, une pièce quelconque.

Je suis allongé sur un lit de chrome, sans le fatras médical habituel. Il y a juste le chirurgien et son assistante.
C'est moi l'opéré, et pourtant j'observe la manoeuvre de cinq mètres de distance.
Bistouri.
Longue estafilade sous les côtes.
Pas de sang.
Le chirurgien saisit la peau et la retourne comme une moquette jusqu'entre mes jambes qui pendent légèrement.
Puis, il prend grossièrement mon paquet de viscères - tout gris - et les laisse lourdement retomber sur cette même peau. Un instant, je me dis tout va s'arracher et tomber par terre.  Et j'ai aussi l'impression que dans le tas, il y a aussi d'autres organes comme le foie, l'estomac... Mais toujours aucune douleur, et pas de sang.

Le chirurgien saisit alors très précisemment... un presse-ail !
(Exactement celui de la photo, présent dans ma cuisine)



Ma voix demande alors :

- Vous allez me faire quoi là ?

Zoom dans ma cavité abdominale : elle est complètement vide, même pas de colonne vertébrale (ce qui ne m'étonne même pas !).
Le chirugien tapote deux fois avec son presse-ail contre la peau luisante de mon dos à même le lit métallique. Ca fait bling-bling, et il me demande :

- Tu sais ce que c'est ça ? (Désignant la "luisance" de mon dos)
- Oui, c'est le liquide pleural (En mon for intérieur : provenant de la plèvre. Dixit mes cours d'anatomie).
- Exact. Et c'est de là que vient le mal.

Le chirurgien passe alors le presse-ail pour "aspirer" et assécher tout ce liquide translucide, exactement comme s'il tondait la pelouse.

L'opération faite, il remet tout mes organes en place, on me ramène dans ma chambre, le rêve continue dans l'immeuble, mais ne s'est plus trop fixé dans ma mémoire.
Reste surtout l'image récurrente de ce presse-ail aspirant ce liquide brillant sur la face intérieure de mon dos, à l'intérieur de mon ventre...

[Mon interprétation : Au vu des évènements de ces derniers jours, c'est sûrement une tentative comme une autre de virer Priscilla  de mes tripes par un subtil jeu de langage-images... Avec le liquide pleural, on est pas loin de pleurer... Ce liquide ressemblait une flaque de larmes stagnant dans mon ventre sans pouvoir être expulsée dans la vraie vie. Quand à l'étrange presse-ail, eh bien... je crois que c'est un jeu de langage homonymique où l'ail = aïe = douleur et, presser = broyer = réduire en miettes. Au final un presse-ail sert à broyer la douleur emprisonnée dans mon ventre... Voilà toute la révolte de mon inconscient résolu à ne pas se laisser briser par un chagrin du coeur]

[Il faut croire que l'opération à réussi : ce matin, je me suis levé avec un étrange soulagement dans l'âme...]

Publié dans Labo de Morphée

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