Une étoile qui danse

Publié le par Galien -

[Blog 22]

[Humeur : Gorge nouée]

Il est 23h40.
J'ai crapahuté toute la journée en ville (Assedic, impôts...) , j'ai fait ma lessive, passé l'aspirateur, j'ai cuisiné, fait la vaisselle, j'ai revu Forrest Gump sur TF1, et j'ai éteint le poste.
Et de nouveau, la chappe de plomb dans mon studio propret.
J'ai envie de pleurer mais ça ne veut pas sortir. Tout s'accumule dans ma poitrine.
Y a tellement de choses que je peux faire pour m'occuper, où me distraire. Mais à cette heure-ci, tout me semble insipide. J'ai juste envie de mourir ou de faire l'amour.

Vers 18 heures, j'ai envoyé, sans réfléchir, un SMS à Priscilla où je disais "ca te dirait de marcher et pique-niquer ce week-end si le temps n'est pas à l'orage ?".
Réponse trois heures plus tard : ca va être difficile, je bosse samedi, peut-être dimanche, j'ai mes exams dans moins d'un mois, je suis overbooké... et bla bla bla.
Pas la peine d'en mettre des tartines.
Elle aurait pu juste me dire "non merci".
Je n'oublie pas que nous vivons à cinq minutes en vélo l'un de l'autre...

Je dois, je dois vraiment me la sortir de l'âme. Car je dois reconnaître que... j'étais en train de tomber raide dingue amoureux d'elle. Cela fait de longues années, qu'un truc pareil ne m'était pas arrivé.
A tel point qu'hier, huitième jour de la première rencontre, huitième jour où le rêve se mue réellement en cauchemar, je me suis naturellement lavé les dents dos au miroir. Je ne pouvais plus me regarder dans la glace. J'étais physiquement incapable de soutenir mon reflet, tellement je redoutais de m'effondrer face à l'immense échec mon regard.
J'ai dû faire un effort surhumain pour y parvenir, et j'ai tenu quelques petites secondes, avant de m'enfuir de la salle de bains.

Le sentiment amoureux est la plus belle des drogues où le pire des poisons. Et ce poison tourne, tourne, mouline dans ma poitrine jusqu'à ma gorge...
Ce soir, je sais que je dois l'oublier, si je veux avancer. Je sais que le temps viendra à bout de la chose, même si je forcé de la revoir du fait de nos activités bénévoles communes...

La seule fois où Priscilla est venue chez moi, elle m'a dit, entre deux bêtises, qu'elle aimerait bien lire Nietzsche. Souvenir immédiat d'un mot magique du philosophe :
Il faut encore avoir du chaos en soi, pour enfanter une étoile qui danse.

Voilà, c'est ce que tu es, Priscilla : Une étoile qui danse, qui danse et qui m'échappe à l'infini...

Et pourtant, il va falloir tenir...

Publié dans A fleur de peau

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