Il y a des forces qui ne se dépassent pas

Publié le par Galien -

[Blog 17]

[Epilogue du blog 11]

[Ce soir, Patrick a rappelé, et encore rappelé.Voilà. J'ai craqué. J'ai fini par répondre, la voix au départ un peu agressive...]

Sinon il m'aurait appelé, tous les jours comme il me dit, jusqu'à ce que je réponde.
Je suis son "frère", son "jumeau". Des mots qui ne m'ont jamais semblé aussi forts que ce soir, alors que l'édifice de trente ans était menacé...
Patrick a besoin de moi, et moi, j'ai besoin de lui.
Nous n'avons pas poussé dans le même ventre, mais c'est tout comme.
Il fallait arrêter l'hemorragie. Lui et moi l'aurions trop mal vécu. C'est mon frère et je l'aime. Je n'ai pas pu lui dire fermement adieu.  Mais je lui ai dit que jamais je ne révèlerai les raisons qui m'ont poussé à agir ainsi. Je ne veux faire le procès de personne. Chacun agit selon sa conscience. Pour lui, peu importe, pourvu qu'on reste en contact. Rester en contact, c'est juste ça l'essentiel (Car paradoxalement, pour le reste, nos caractères très différents ne nous poussent pas à la confidence impudique... nous gardons pour nous nos secrets).

Il m'a dit ce soir qu'il voulait épouser Anne, sa jeune fiancée et mère de sa fille. C'est la femme de ma vie. Tant mieux. Mais il n'ira pas en noces si je ne suis pas son témoin. Il ne peut y en avoir d'autres que moi. Drôle de chantage. Intox ou pas, devant tant de preuves d'affection eh bien... je lui dit qu'à toute règle, il y a une exception. Il sera l'exception. Il ne peut y en avoir d'autres, d'autre que lui.
Il m'a juré sur la tête de sa fille qu'il dira aux "autres", en attendant, qu'il n'a pas de nouvelles de moi. Il mentira. C'était mon exigence pour rester en contact avec lui.

Et voilà que tout d'un coup, l'énorme poids que j'avais dans la poitrine s'est envolé.
Patrick, mon ami, mon frère, à la naissance, à la vie, à la mort... que je le veuille ou non. Il y a des forces qui ne ne dépassent pas...




1978

Publié dans A fleur de peau

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