Une journée de merde.

Publié le par Galien -

[Blog 3]

Toute cette histoire ne fera pas avancer le monde, c’est juste pour mes archives perso, et d’ailleurs, on est dans la rubrique « on s’en fout »…

J’ai très rarement l’occasion de quitter Chambéry le WE. Pas de sous.
Ce qui implique que j’adore dire du mal de la SNCF, vu que cette "vénéxecrable" institution, anciennement collabo, pratique un monopole honteux des transports terrestres en France avec des prix prohibitifs.
Mais elle m’a entendue, et s’est vengée, la salope.

Revenons aux faits, rien qu'aux faits

WE prévu du vendredi soir au lundi après-midi à Rouen, chez mon cousin et sa femme. Ca va être cool.

Mercredi

Surf sur sncfuck.com pour acheter les billets (sans conso).
Bug.
Impossible de valider la transaction. Tant pis. Nouvel essai demain.

Jeudi

Surf sur Internet. Boum ! Première tuile : Le prix aller a grimpé de 40 euros. Normal, y a plus que des places en première. Misère ! Bon, je partirai samedi matin. Je compose le 3635 (0,34€/ mn bien sur) et je balance à mach 7 mes horaires à l’hôtesse.
Trajet prévu : Chambéry – Paris gare de Lyon puis correspondance à Saint-Lazare vers Rouen. Départ à 10h33, arrivée à 15h48.

Vendredi

1ere erreur : Je me couche à 4 heures du matin. Je sens que je vais le regretter.

Samedi

Mon œil s’ouvre péniblement… à 10h09 !!!

Tornade dans mon studio. Je zappe la douche, le petit dej, le coiffage, les dents propres…tout ! Je fonce dans ma caisse, je double, putain, jour de marché ça avance pas, je brûle prudemment des feux rouges, j’enrage, je hurle pour me garer. Une place à 200 mètres de la gare, enfin, juste devant la police nationale.

Course frénétique jusqu’à la gare, jusqu’au quai, jusqu’au train, mon cœur trentenaire s’écrase littéralement contre mes côtes ! Putain, pourquoi je me suis remis à fumer…

Pas eu le temps de retirer mes billets. Je m’arrangerai avec un contrôleur. Ouf. J’y suis arrivé. Dans un sale état, mais je suis dans le train !

Le train part. Tout va bien.
Le train roule. Tout va bien.

Le train s’arrête. Je dors à moitié, le pif contre leurs horribles rideaux verts.
...
...
Le train ne repart toujours pas. Je ne panique pas. Trop crevé pour ça.
...
...
Puis un premier message du cheminot. Un connard a tiré le signal d’alarme, ce qui a provoqué l’arrêt du train, entraînant une avarie mécanique. Le mécano à le nez sous le capot, et on ne sait pas combien de temps ça va durer.

Bon. Plus qu’à attendre. Mais ça commence à faire long.

Deuxième message. Euh… on répare toujours alors… patience.

Et puis au bout d’une heure d’immobilisation, miracle.
Le train repart. Tout va à peu près bien.
Le train avance, mais franchement pas vite du tout.

Après dix minutes à vitesse d’escargot, nouveau message, bien plus inquiétant : les freins sont cassés, on ne va plus à Paris, on va jusqu’à Lyon… à 40 km / h ! De là, les passagers seront « transbordés » sur un autre train. Les boules, les voitures dépassent le TGV ! C'est vraiment la honte pour un Fleuron de l'industrie française (Prononcez "Fleuron" la tête haute, avec conviction, en pensant en même temps à deux gaules et une grosse Bertha).

13h30. Arrivée à Lyon à l’heure où j’aurais dû arriver à Paris. Trois heures pour faire cent misérables kilomètres, j’ai faim, je suis fatigué, la correspondance est foutue. Vive la France et son monopole de merde. Une solution de secours ?

- Il y a un Lyon-Rouen peut-être sur un autre TGV ?
- A 17h44 monsieur.
- Ca me fait quatre heures à attendre… c’est mort. Le week-end est mort.

Déjà plus de deux heures de retard, et à Paris, j’ignore quand j’aurais un train pour Rouen.
Si ça se trouve, je vais encore faire le poireau trois heures à Saint-Lazare. Je vais arriver tard à Rouen, je vais passer un dimanche-éclair avec ma famille, et Lundi je repartirais aussi sec en ayant passé une moitié de week-end. Le top, quoi !

Trop court.
Je décide d’avorter le WE et de remettre ça une prochaine fois. Je boycotte le fameux « transbordement ».

Allez, direction Chambéry. Sans payer, bien sur.
On me dit : Y a un train qui fait Lyon-Chambéry à 14h44. Arrivée à 16h28. Okay, je vais me désaltérer l’esprit au relais H. Ca tue bien le temps, les magazines.

14h38. Putain, il est ou, ce satané train !!? Je court dans tous les sens. Je lis et relis les écrans des trains au départ. Rien. Quoi, je l’aurais pas déjà loupé quand même ?

- Vous l’avez pas loupé, il a été supprimé monsieur.

Ca y est, je viens de comprendre ! Je suis Poissons... ascendant Poissard !
Le prochain train est à 15h44. Arrivée à 17h15.
Super. Restons calme. Direction relais H. Y a encore pleins de magazines qui m'attendent.

Par mesure sécurité, je suis sur le quai à 17 heures.
C’est dingue ce que je peux me sentir isolé au bord des rails. Je vois des couples qui s’embrassent, des familles unies, des riders bronzés, des gens qui profitent, qui ont l’air bien dans leur peau, j’ai l’impression qu’ils sont tous complices dans leur hymne à la joie, et moi je suis le seul pignouf qui va faire 200 km en 7 heures… pour quedalle ! Encore un plan loose.

Le train arrive… avec 10 minutes de retard. Arrivée à Chambéry à 17h30. Trajet normal... lent mais normal !

Seule consolation : A l’arrivée, j’ai fait l’amour avec quelques molécules…

Cerise sur le gâteau : Je me rends au guichet pour me faire rembourser, les agents pigent quedalle à mon histoire, ils ne sont au courant de rien. Ca donne des trucs tragi-comique, du genre :

- Pourquoi vous avez été à Lyon ? Vous vous sûrement êtes trompé de train, vous avez confondu les quais.
- Vous rigolez ou quoi ? Vous croyez que je confonds Lyon Part-Dieu et Paris de Lyon !! Le train a été détourné à Lyon, et les passagers ont été transbordés. Vous croyez que je le sors d’où ce mot-là ? "Transbordement".

Bien sur, ils appellent le Central, et ces abrutis confirment que MON train est arrivé à Paris à L’HEURE !

C’est clair, je suis crevé, fatigué, déçu, j’ai faim, et maintenant je passe pour un dingue. J’explose, je parle haut et fort, tant pis pour ma discrétion naturelle. Je ne lâcherai pas l’affaire. Moi je sais la sale journée que j’ai eu, et eux me disent que tout ça, c’est de ma faute !!?

Finalement, un sous-fifre discret, qui a observé l’affaire depuis le début, a fait sa petite enquête. Il revient avec l’info suivante : le train 6968 a été immobilisé à Bourgoin etc… merci, et vive les « petits »

Les esprits se calment. Je serais remboursé sous 15 jours à… deux mois et demi !
Restons zen.

Allez, relativisons, tout ça c’est pas grave… c’est CHIANT, mais c’est pas grave.

Publié dans Au fil des jours

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