L'amour avec des molécules

Publié le par Galien -

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[Parenthèse du samedi 26 mars 2005]

Trop de célibat affûte certainement les sens.

Fin d'une grosse journée de merde.
Pas rasé, pas coiffé, la tronche périmée, pas mangé depuis la veille, la fatigue nerveuse et physique pour commencer le weekend Pascal.

Les derniers mètres du train. Vivement que je sois chez moi.
Déjà la queue sur le couloir central.
Une fille brune, pas très grande, mignonne, juste devant moi. Elle me tourne le dos.
Déjà, mes yeux s'attardent sur sa longue chevelure compacte, qui s'arrête au bord de fesses emplissant comme il faut un jean bleu foncé.

Je scrute avec insistance, et discrétion, ses atours qui ont de la gueule.

On attend de longues secondes que le train s'arrête tout à fait. Puis la file avance d'un mètre.

Alors ma main droite, dotée d'un oeil de chat, va se poser toute seule sur le haut d'un fauteuil. A l'endroit même où la brune avait posé la sienne juste avant moi. Et là, ce morceau de siège est encore chaud. Sa chaleur à elle. Ce n’est pas une décharge, mais une onde toute douce. Mes doigts caressent, s’imprègnent, s’enfoncent légèrement sur le tissu.

Je la touche, elle. Je touche sa peau, à distance. Echantillon divin. Préliminaires entre deux parfaits inconnus, qui le resteront. Court moment de bonheur pour mon corps dénutri d’amour qui, vraiment, se rattache à n’importe quoi, histoire de vibrer un peu. Elle n’en saura jamais rien, évidemment.

La file avance. Terminé, le court moment d’intimité invisible. C’est la première fois que ça m’arrive.

Qui sur cette Terre, peut se vanter comme moi, d’avoir fait l’amour avec une poignée de molécules ?

Publié dans A fleur de peau

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